Dimanche 15 mars 2009
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"Le vice plaît parce que c'est quelque chose en
plus."
Salon du livre oblige, je vous parle de mon dernier coup
de coeur en la matière, le dernier essai de Charles Dantzig, un pavé de huit cents pages nommé l'Encyclopédie capricieuse du tout et du rien ; un bijou !
Il m'avait déjà fait rapprendre la littérature avec son extraordinaire Dictionnaire
égoïste de la littérature française, le maître est de retour avec un essai tout à fait... et bien je n'ai pas encore trouvé de mot pour le décrire, c'est un livre sans équivalent, alors
disons juste un essai original au nom programmatique : l'Encyclopédie capricieuse du tout et du rien !
Je commence par un petit point sur l'auteur pour situer les choses.
Né en 1961, Charles Dantzig fait ses études de droit contre l'avis familial, il publie des poèmes à vingt-huit ans, et en un clin d'oeil, le voilà transformé en grand homme,
éternel iconoclaste littéraire. Il est un peu touche-à-tout niveau littérature, et il écrit aussi bien des poèmes, que
des romans ou des essais, et il fait aussi des traductions (de Wilde (très bonne), et de Scott Fitzgerald). Je précise que même si ce sont ses essais qui m'intéressent le plus, ses romans sont aussi très
beaux et je ne peux que vous les conseiller !
Et cette Encyclopédie alors ? Dur de
résumer. Le quatrième de couverture parle d'un "tour du monde et de la vie en huit cents pages de listes", et au fond, c'est à peu près le principe !
Liste des plus belles routes du monde, Liste d'écrivains que
d'autres écrivains n'aiment pas, Liste de Venise, Liste des choses douces, Liste branlante du bonheur, Liste des fessées perdues, Liste du
sexy...
"On tourne les pages dans une joyeuse anarchie, valsant du littéraire au quasi trivial. Le ton est celui du bavardage : l’auteur
se montre inconstant, badin. Il adopte un verbiage de sorbonnard, puis l’abandonne pour un soliloque de comptoir - ou celui d’un
bar huppé. Tantôt Charles Dantzig irrite parce qu’il se montre péremptoire, tantôt il agace parce qu’il semble épris de son babil. Mais qu’on se rassure, son ‘Encyclopédie’ n’a rien de monochrome.
La plume bondit du coq à l’âne, Dantzig possède un sens de la formule réjouissant - la phrase est vive, l’esprit, incisif."
(Charlotte Devai)
Moi j'adore, on parle de tout, on parle de l'auteur, on parle même de soi tellement
c'est malin !
Lisez ce trésor et vous deviendrez si ordonnés que vous verrez tout le désordre... et plein d'idées !
"Liste du sexy
Un crâne rond.
Une brune avec une chemise blanche d'homme.
Une blonde en pantalon.
Un brun avec un pull marron.
L' espace entre les seins d'une femme portant un tailleur échancré, équivalent de la naissance de l'aine au-dessus d'une ceinture d'homme : la piste de descente.
Un sourire lent.
La minceur.
Une forme corporelle sous un vêtement. Un omoplate, un muscle bouge, évoquant une vie lente qui ne demande qu'à s'exalter.
Les beaux êtres qu'on croise dans un escalator montant lorsqu'on est dans un escalator descendant."
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Par F.
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Publié dans : En littérature
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